Watalinga : des services de sécurité accusés de monnayer la traversée à la frontière avec l’Ouganda
Des services de sécurité congolais déployés à la frontière avec l’Ouganda, à hauteur de la limite avec la chefferie des Watalinga, sont accusés de monnayer la traversée vers la République démocratique du Congo, alors que celle-ci est officiellement interdite aux ressortissants congolais.
L’accusation est portée par Maître Joseph Muhindo Ntoku, avocat près la Cour d’appel de Kisangani, secrétaire général de l’Association culturelle Kyaghanda Yira et originaire de la chefferie des Watalinga.
Selon lui, certains militaires congolais chargés de lutter contre les traversées frauduleuses laisseraient entrer des ressortissants ougandais en RDC en échange d’argent. Dans le même temps, affirme-t-il, des Congolais qui tentent de se rendre en Ouganda pour leurs activités de survie seraient refoulés, voire arrêtés.
Cette situation intervient dans un contexte de renforcement des contrôles à la frontière entre les deux pays. L’Ouganda a notamment renforcé la surveillance de ses points d’entrée dans le cadre des mesures de prévention liées à la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola déclarée en RDC.
Le 20 septembre, onze civils congolais, majoritairement des femmes qui s’étaient rendues en Ouganda pour s’approvisionner, ont été arrêtés à Busunga pour franchissement illégal de la frontière. Ils ont ensuite été libérés après le paiement d’une amende.
Pour la population de Watalinga, déjà confrontée à l’insécurité attribuée aux ADF et aux difficultés d’accès à certaines zones, les pratiques dénoncées sont perçues comme une forme d’injustice.
Maître Joseph Muhindo Ntoku appelle ainsi les autorités congolaises et ougandaises, qui mènent des opérations conjointes contre les ADF, à harmoniser les mesures de contrôle à la frontière et à sanctionner les éventuels cas de tracasseries.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises n’a été enregistrée concernant ces accusations.
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